La fête des Menteurs à Moncrabeau

Arts & Traditions Populaires de Marmande

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3 août 2008, pour défendre la langue gasconne, j'ai participé à la fête des Menteurs à Moncrabeau

La Gasconade, ou la « colhonada », faisant partie des traditions populaires, j’ai voulu m’y essayer. Ces histoires au coin du feu, inventées de toutes pièces, souvent construites à partir de faits réels bien vite enjolivés, grossis, détournés pour déboucher sur des invraisemblances fantastiques, ces histoires donc,  ont de tout temps existé et meublé les longues veillées  d’hiver. Certains « hableurs » étaient devenus experts dans l’art de travestir la vérité. Le village de Moncrabeau entre Nérac et Condom a fait de la « menterie » sa spécialité et organise tous les ans, le premier dimanche d’août, son festival des Menteurs avec un concours international de menteries.

13 candidats cette année 2008, venus du Lot et Garonne, de l’Hérault, des Ardennes (Charleville-Mézières), du Comminges mais aussi de Belgique (Namur) et du Québec… Les deux idiomes autorisés étant le français et le gascon j’ai décidé (et j’étais le seul) de m’exprimer en gascon.

Les petits Cabris Moncrabelais dansent pour faire patienter le  publicQuelques jours avant la fête, je me suis renseigné pour savoir comment y participer : il suffisait d’écrire une « Menterie » et de l’envoyer à l’Académie des Menteurs de ce village. Ce que j’ai fait. Ma menterie étant sélectionnée, je devais me présenter le 3 août, rue Cocu-Saute à Moncrabeau, au siège de la vénérable assemblée. Une lettre du secrétariat confirmera cette candidature et me servira de laissez-passer.

Le jour dit, je suis au rendez-vous. Après une explication succincte sur le déroulement de ce concours, direction la halle du village où trône le fauteuil des menteurs, au dessous de la pierre de vérité.

15 h ; précédé par le Roi des Menteurs en titre, les quarante académiciens et les treize nouveaux prétendants (dont je fais partie) pénètrent sous la halle du village noire de monde. Les prétendants s’installent sur les gradins qui leur sont  réservés, sous l’œil de ma mascotte de Moncrabeau (le Mont des chèvres)La chèvre, emblème de Moncrabeau, est là, et les petits pages chargés de collecter le sel auprès des académiciens sont également du cortège. L’académie prend place devant le vénérable fauteuil en pierre et nous rejoignons nos places réservées sur des gradins tout proches.
L’ordre de passage est tiré au sort. Chacun raconte sa menterie devant un très nombreux public (700 entrées payantes, avec les participants et les invités pas loin d’un millier de personnes). Après chaque menterie, les académiciens attribuent à chaque  candidat une certaine quantité de sel plus ou moins importante selon la qualité des propos tenus. Quand tous les candidats sont passés, est déclaré Roi des Menteurs celui qui a obtenu la plus grande quantité de sel.
Je passerai en huitième position, le dernier candidat de la première partie, juste avant l’entracte. Le fait de déclamer en gascon est plutôt un handicap car, si les nombreux autochtones comprennent le gascon, la forte colonie belge et les nombreux touristes présents auront du mal à comprendre. Quoi que ?

Le verdict : chaque académicien m’attribue une certaine quantité  de sel. J’en récolterai 1,205 KGPendant que l’on procédait à la pesée du sel pour le concurrent qui me précédait, j’en ai profité pour passer le petit message suivant :

« Trois mots pour vous dire pourquoi j’ai choisi de m’exprimer en gascon : Kamikaze, Chef d’œuvre en péril et sel ;

Kamikaze car dans ma vie j’ai toujours aimé défendre les causes qui semblent perdues d’avance ; Chef d’œuvre en péril car en utilisant cette langue j’ai la sensation d’œuvrer pour faire connaître et restaurer un monument de notre patrimoine qui risque de disparaître et enfin sel, car pour dire des menteries, ou si vous préférez des « colhonadas », cette langue ne manque pas de sel (et du sel je vais en avoir besoin)

Je tiens à rassurer ceux qui croiraient qu’ils ne vont rien comprendre. Pour les gens d’ici, aucun souci, cette langue est présente partout : dans nos noms de famille, , dans ceux de nos villages ou des lieux-dits, dans notre façon de parler et dans notre accent. Enfouie au fond de notre mémoire, elle ne demande qu’à ressortir. Pour les autres ils ont de la chance car cette langue ne se parle pas qu’avec des mots, elle se parle aussi avec les mains et « lo morre » (le visage, les mimiques) Alors écoutez ! mais aussi regardez ! »

J’ai ensuite déclamé ma menterie. Le texte envoyé à l’académie des Menteurs est celui qui suit. Les circonstances m’ont amené à « jouer » beaucoup. Surtout quand après ma première phrase, le petit page assis devant moi, (âgé de 5 ou 6 ans), a déclaré haut et fort : « mais je ne comprends rien moi ! ». Mes gestes et mes grimaces durent compenser son ignorance totale de la langue. Ce qui aurait pu me déstabiliser m’a au contraire dynamisé et je racontai mon histoire avec plus de conviction et de persuasion.

 

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